La Rage

C'est le virus de l’immunodéficience féline (l'anagramme correspond au même nom en anglais). Cette maladie virale est due à un rétrovirus (famille de virus). On l'appelle aussi SIDA du chat puisqu'il est de la même famille que le VIH. Le FIV est responsable d’une immunodéficience (défenses immunitaires affaiblies) qui rend le chat vulnérable aux infections. Cette maladie n'est pas transmissible à l'Homme.

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Etiopathogénie

Le virus est transmis entre chats par contact direct, principalement par la salive d'un chat infecté et le sang d'un chat sain : morsures majoritairement, mais aussi griffures, léchage de plaies... D’autres modes de transmission sont possibles comme la lactation, la voie transplacentaire, la voie sexuelle et les transfusions sanguines.

Epidémiologie

Les chats ayant accès à l’extérieur et vivant en collectivité sont plus à risque, du fait d'une exposition plus forte à des contacts entre chat et donc un risque de contamination plus élevé. Les mâles ont 5 fois plus de risque d’être infectés que les femelles : ils sont souvent plus bagarreurs, surtout s'ils ne sont pas stérilisés. Il n'y a pas de prédisposition raciale.

Pathogénie

Après la contamination, le virus atteint les ganglions (ou nœuds lymphatiques), puis se répand dans tout l’organisme. Le virus cible principalement certains globules blancs (les lymphocytes T CD4+ et CD8+).

En général, il existe trois phases évolutives

Phase aiguë : entre 2 et 12 semaines après l'infection. La virémie est importante (beaucoup de virus présents dans le sang). Les chats présentent alors une hyperthermie (augmentation de la température), un abattement, une anorexie (arrêt de la prise alimentaire), une stomatite (inflammation des joues) ou une lymphadénomégalie (augmentation de la taille des ganglions).

Phase sub-clinique (asymptomatique : sans symptômes) : la réponse immunitaire augmente et la charge virale diminue. Elle peut durer des années.

Phase terminale (symptomatique) : elle est caractérisée par l’immunosuppression. Les chats présentent alors des infections opportunistes, des processus tumoraux (lymphome, carcinome,...), des maladies du système nerveux central ou des maladies à médiation immune.

Symptômes

Les signes cliniques dépendent de la phase de l’infection et reflètent l’atteinte de tout l’organisme :

- Signes généraux : fièvre, abattement, polyadénomégalie (augmentation de la taille des ganglions), perte de poids.

- Signes cardio-vasculaires (en cas d’anémie) : muqueuses pâles, tachycardie, souffle cardiaque.

- Signes respiratoires : pneumonie bactérienne.

- Troubles de la reproduction : avortement.

- Signes nerveux centraux : anisocorie (différence de taille entre les deux pupilles), ataxie (démarche anormale), agressivité.

- Signes oculaires : uvéite (inflammation de l'arrière du globe), hyphéma (hémorragies), glaucome (augmentation de la pression intra-oculaire).

- Signes digestifs : stomatite, anorexie, vomissements, diarrhée.

DIAGNOSTIC

Devant une suspicion clinique, certains tests rapides (ELISA) permettent de détecter les anticorps contre le FIV. De faux positifs sont possibles chez les chatons âgés de moins de 6 mois à cause des anticorps maternels. De faux négatifs sont aussi possibles dans les 2 mois post-infection ou dans la phase terminale d’immunosuppression (manque d’anticorps).

Lorsque le résultat est douteux (ne correspond pas à la clinique), un deuxième test permettant d'identifier le virus est à faire.

Traitement

Il n’y a pas de traitement antiviral spécifique de la maladie. Un traitement général de soutien peut être mis en place lorsqu'il est nécessaire. Les infections opportunistes ou les maladies secondaires vont également demander un traitement spécifique.

Pronostic

Des études cliniques n’ont pas montré de différence significative du temps de survie chez les chats infectés par le FIV, par rapport aux chats non infectés (5 ans et 6 ans, respectivement). Un dépistage positif pour le FIV ne justifie donc pas de recourir à l’euthanasie du chat. Par contre, l’infection des chats âgés ou nouveaux nés entraîne une progression plus rapide et sévère de la maladie (la phase terminale est atteinte en 2 mois chez les chatons).

Prévention

Le dépistage et l’isolement des chats infectés par le FIV sont primordiaux. Les chats infectés doivent être gardés à l’intérieur pour éviter la transmission de l’infection et pour leur éviter les infections opportunistes. A ce jour, le vaccin contre le FIV n’est malheureusement pas disponible en Europe.

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